lundi 13 octobre 2008

Je suis morte et je n'ai rien appris


Basée sur sa propre expérience, Solenn Colleter dénonce la pratique du bizutage dans les écoles préparatoires par le biais d'un roman.

Son personnage principal, Laure, est parachutée dans un milieu dont elle n'est guère familière, celui des privilégiés, voire des gosses de riches, en intégrant une des plus prestigieuses prépas. Loin de ce qu'elle imaginait (l'excellence, le prestige), son année commencera par une semaine de torture censée forger le caractère et surtout faire mériter sa présence dans cette école.

Le titre est excellent et le thème fascinant, d'autant plus quand on connaît l'école que l'auteur décrit à mots couverts. L'auteur vise juste quand elle décrit les raisons et mécanismes qui peuvent pousser des étudiants à se faire humilier quand finalement rien de les y pousse vraiment; et surtout le panel de sentiments qui en découle.

On regrettera simplement cette volonté d'inclure du social dans un roman qui n'était pas construit pour cela. Certes les élèves de prépas reprèsentent un microscome particulier, qui représentera une grande partie de notre élite. Mais en faisant de Laure l'exception qui confirme la règle (mère alcoolique, père absent, milieu social inférieur), l'auteur fait d'elle une caricature qui décrédibilise l'expérience du bizutage (quoique les tortures infligées ont été calquées sur celles subies par l'auteur et sont très crédibles vu la bêtise humaine). On n'a pas besoin d'être d'un quelconque milieu pour être traumatisé par cette expérience, et à trop vouloir en faire, l'auteur manque sa cible.
Reste également l'histoire de meurtre qui là aussi n'avait guère sa place. Présenté comme un réquisitoire contre l'expérience dévastatrice qu'est le bizutage, l'ouvrage se veut également roman policier, ce qui fait que le livre n'est ni vraiment l'un ni vraiment l'autre.

Une lecture qui se lit fort agréablement, mais qui s'égare. C'est dommage parce qu'il s'en ait fallu de peu.





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